Au tout début, elle savait que c'était sa destinée, elle avait une place à tenir
Dans ce royaume, ou tout était bien ordonné
Elle avait été choisie, de toute petite, dans cette enceinte close
Elle s'émerveillait de tout de qui l'entourait
Sublimant la flore, parlant de sa voix douce à la faune
L'Œil du grand architecte, avait jeté son dévolu sur elle !
Tout était prêt à présent

Très tôt le matin accompagné, de la reine blanche aux ailes de satins diaphane
Habillée simplement de la robe de pureté, elle avançait sur le petit chemin qui menait à la grande mer
Son ange protecteur, sa main sur son épaule la réconfortait , l'instruisant
Que ce sacrifice était indolore et qu'elle allait revivre enfin , dans un autre corps
Qui manquait , au grand jardin
« Et les autres sœurs ? « dit elle  »
« Certaines te suivront, d'autres seront consacrées à d'autres grandes destinées »  n'ai crainte !!
Petite sœur « répondit la reine blanche
Ils arrivèrent devant la grande mer, rougie par l'astre radieux , qui séparait l'enceinte divine close, du monde des hommes 
La mer, la grande mer, si redoutée, était palpitante comme une vie et ses ondulations si langoureuses
Allaient donner une nouvelle vie

L'élue, après avoir reçu toutes les recommandations, confiante, sereine, et remplie d'un inéluctable espoir
S'avança, nue, tel l' Ève des temps encore plus anciens dans les flots tièdes de la Grande mer
En agitant ses bras, au fur à mesure de ses pas, l'eau pure qu'elle soulevait formait petit à petit 
L'esquisse, de deux ailes magnifiques

Puis elle disparue, dans la profondeur pourpre de la vie de la mer !!
Comme d'un coup de baguette magique , elle naquit en ressortant des eaux
Tout fut consumé, la régénération des flots, envahissant l'Élue , inconsciente , mais confiante
Se réalisa, dans le mystère de la puissance de la création du grand architecte
Puis elle éclata dans sa nouvelle forme

D'elle naquit , un nouvel être
Une beauté suprême, si fragile, si empli de lumière chaude
Ornée de dentelles fines frangées de nervures étincelantes
Ce petit corps sublimé par l' éclat, d'un halo féerique 
Entouré de poussières de soleil
Ce petit être, majestueux dans son humilité s'envola par petit bond léger
Dans la forêt des hommes, figée dans le calme de l'étonnement le plus grand

La première chose qu'elle fit, c'est de parcourir beaucoup de distance, en respectant chaque fois le protocole
Qui disait « tu dois te poser au moins une fois sur la main de une personne qui est dans la nature »
Fidèle, elle le fit des milliers de fois

A chacune de ces petites pauses, elle insufflait, dans le corps des hommes, les chromosomes mémoires 
Qui allaient leur rappeler que dorénavant , les petits êtres comme elle s'appelleraient « papillon »
Et qu'il faudrait les aimer et ne pas leur faire de mal !
Et c'est ainsi, que les hommes firent

Le soir venue, fatiguée, elle se reposa sur un nénuphar de nacre céleste, laissant derrière elle
Tout un chapelet de lumignons d'argent, pour reconnaître sa route
Et il en fut ainsi, pendant des jours et des jours ! Heureuse d'avoir accompli sa quête
Comme l'avait demandé la reine blanche, et le grand Architecte
Elle fini par s'endormir, plongeant dans un songe enchanteur, qui la berça jusqu'à l'aube

Quand, l'orée du jour, arriva, elle se réveilla; et ne reconnu plus le lieu du grand jardin des hommes !
Mais au contraire, elle éprouva une joie exaltante, une douceur la parcourue, avec un frétillement 
Comme un murmure cristallin
Deux petites ailes avaient poussées dans son dos gracile, elle avait repris sa forme initiale, en miniature 
Elle était revenue, dans le Grand jardin, prés de la Grande mer rougie d'amour, près de la Reine blanche
ou règne à ses coté le grand Architecte !

Elle était chez elle, dans le monde ou seul les êtres purs ont droit d'entrer !
Et d'y vivre en harmonie avec
La tendresse et l'Amour.

  


©Poeme de  mon Mari Maurice